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Suisse : la croissance externe, une bonne idée ?

Différentes approches peuvent s'envisager pour aborder le marché suisse. Romain Duriez, directeur de la CCI France Suisse et Philippe Grégoire-Kieffer, directeur commercial de la SSII Flow Line, nous livrent des conseils et des points de vigilance précieux.

Marché proche, l’économie suisse se caractérise par sa solidité et de forts atouts. Le pays, petit par sa taille, est très ouvert à l’international. Malgré sa taille, le pays est le 19e PIB mondial (par habitant, la Suisse est au 2e rang mondial). Différentes approches peuvent s’envisager. La SSII Flow Line (65 personnes) a fait le pari de s’implanter en Suisse par le rachat en 2008 d’une PME suisse romande. Retour d’expériences.

Des fondamentaux économiques très solides
Avec une croissance du PIB en 2018 de 2,4 % et une inflation de 1 %, la Suisse se porte bien. Deux francs suisses sur trois sont générés à l’export. Le taux de chômage n’est que de 2,6 %. La Suisse est aussi un des pays les moins endetté du monde (seulement 33 % du PIB). Le pays a connu encore cette année un excédent de 4,8 milliards de CHF des comptes de la confédération. Le pays met l’accent sur des services à forte valeur ajoutée et un niveau d’exigence élevé.

Le droit du travail souple apporte des avantages différentiateurs aux employeurs. Le dialogue social est historiquement ancré dans la société. Les Suisses ont refusé le passage de 4 à 6 semaines de congés au nom de l’avantage économique collectif. Les taux d’imposition des sociétés, différents selon les cantons, baissent et varient de 13 à 24 %.

 

Philippe Grégoire-Kieffer FlowLineParole d’entreprise : Philippe Grégoire-Kieffer, directeur commercial de la SSII Flow Line

La facilité de langue pour la partie romande, la proximité géographique et la structure industrielle ont motivé l’entreprise à pénétrer ce marché. L’adaptation de la solution ERP SAGE X3 à des entreprises de la TPE jusqu’aux grands groupes, de tous secteurs d’activité, était un avantage important. Le marché suisse se caractérise aussi par des coûts salariaux très élevés (2 à 2,5 fois dans le secteur de Flow Line comparativement à la France), une obligation d’apport de forte valeur ajoutée et l’absence de production en très grandes séries.

Philippe Grégoire Kieffer retient les points principaux suivants :
- Il est essentiel de comprendre les usages et la mentalité en Suisse qui n’ont rien à voir avec la France.

- Le pays présente des particularités légales, comptables et salariales à bien anticiper : sur le plan légal, les réglementations peuvent changer d’un canton à un autre. Pour l’envoi de personnel de France, une demande d’autorisation doit être envoyée au moins 8 jours avant. Les différences salariales doivent être bien intégrées et également répercutées sur les prix de vente. Il est par ailleurs difficile de recruter.

- La concurrence locale est forte et historique ; les clients suisses demandent souvent des références clients dans leur canton et leur secteur d’activité !

- Les Suisses préfèrent acheter plus cher des produits qui durent plus longtemps : la durée d’un ERP est de 20 ans en Suisse contre 8 ans en France.

- Les Suisses aiment les marques et la qualité ; ils sont très sensibles au label « swiss made ». Obtenir ce label peut s’avérer très intéressant.

- Lorsque l’on rachète une entreprise en France, l’acheteur rachète la clientèle. Ce n’est pas le cas en Suisse. Votre vendeur pourrait recréer une activité concurrente.


Parole d’expert : Romain Duriez, directeur de la CCI France Suisse
Comment entrer sur le marché suisse ?

Pour un sous-traitant français, l’approche BtoB de donneurs d’ordre suisses peut tout à fait s’envisager. Travailler avec un agent qui représente plusieurs entreprises limite les frais, puisque sa rémunération est liée aux résultats. Toutefois, la population d’agents en Suisse diminue et l’exclusivité géographique souvent demandée peut bloquer. Le distributeur, quant à lui, peut assurer un stock local ou un service après-vente.

Les clients suisses demandent assez souvent si l’entreprise française est implantée en Suisse. Une filiale sous la forme d’une Sarl ou SA rassurera les clients suisses. La croissance externe, si elle est bien menée, permet aussi d’entrer directement sur le marché avec une marque, un historique et des compétences humaines.


> Pour aller plus loin :
- Grex a organisé des rendez-vous individuels et un déjeuner de travail Suisse avec Romain Duriez et Philippe Grégoire-Kieffer (en visioconférence) mardi 16 octobre 2018 à Grex. Plus d'infos sur LinkedIn .
- Un webinaire a également eu lieu sur cette thématique. Consultez le replay.

Contact : Pierre-Emmanuel Chaux - 04 76 28 28 39 – pierre-emmanuel.chaux@grex.fr

 

Informations

Rédacteur :

Chargée de mission

Publié le


19 mars 2019 - 10:46 - URL: http://grenoble-ecobiz.biz/jcms/rec_773861/fr/suisse-la-croissance-externe-une-bonne-idee

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